Il y a une différence entre écrire « Ce village possède une église du XVIe siècle, plusieurs ateliers d’artisans et un marché tous les samedis matin. » et raconter ce que l’on a découvert en poussant la porte de l’un de ces ateliers.
Dans le premier cas, je décris : je peux presque disparaître derrière mon contenu.
Dans le second, je raconte. Il s’est passé quelque chose, j’ai rencontré quelqu’un, découvert une histoire, ressenti une émotion. Et j’accepte de partager une part de ce vécu avec mon lecteur.
C’est cette différence qui m’a particulièrement intéressée dans mon échange avec Chantille de Lincourt, créatrice du média Villages & Patrimoine.
🎧 Dans cet épisode d’Actions/Réservations, écoute Chantille raconter comment elle regarde, rencontre et raconte les territoires qu’elle traverse.
Pour raconter un territoire, accepte d’entrer dans le récit
Lorsque Chantille raconte une découverte, elle ne cherche pas à adopter un regard neutre.
Bien au contraire, elle raconte ce qu’elle a vécu.
À la Grande Chartreuse, elle se souvient du brouillard, du bruit des raquettes dans la neige, des voix que l’on entend sans voir les personnes… puis du monastère qui apparaît soudainement lorsque le brouillard se lève.
Le lieu est bien présent, mais le sujet du récit, c’est avant tout sa découverte du lieu.
C’est une nuance importante pour les destinations et les professionnels du tourisme.
Nos contenus sont encore souvent rédigés à distance : on décrit un lieu, son histoire, ses caractéristiques, ce que le visiteur pourra y trouver.
Et si, parfois, nous racontions plutôt une aventure, une découverte ou une rencontre réellement vécue ?
Le contenu devient nécessairement plus subjectif. Il laisse entrer les émotions, les surprises, les détails que l’on n’avait pas anticipés. Il devient aussi plus utile pour le futur voyageur.
Et c’est précisément ce qui peut le rendre singulier.
Une rencontre raconte parfois mieux un territoire qu’une description
C’est la deuxième leçon que je retiens de notre échange.
Chantille prend le temps de parler aux artisans, restaurateurs, hébergeurs, guides et habitants. Parce qu’une rencontre fait émerger des histoires.
Un habitant qui raconte l’école de montagne qu’il fréquentait enfant. Un artisan qui explique son parcours. Un hébergeur avec lequel une conversation se prolonge autour d’un dîner.
Nous ne sommes plus dans la présentation d’une activité. Nous sommes dans un récit.
Et pour un hébergeur ou une destination, cette matière est partout. Encore faut-il savoir la recueillir.
C’est notamment ce que je transmets dans ma formation Maîtriser l’art de l’interview : apprendre à écouter, questionner et relancer pour faire émerger ces récits de parcours, de moments forts ou de découvertes, puis les transformer en contenus plus personnels et incarnés.
Retrouve Chantille de Lincourt sur son site Villages & Patrimoine, son compte Instagram @villages_et_patrimoine et sur son profil LinkedIn.
